am + da

Une démarche participative pour impliquer le terrain… et les dirigeants

2Vous dirigez une entité de plusieurs centaines ou milliers de personnes, devant s’adapter en permanence aux évolutions de ses marchés. Vous êtes en transformation continue. Presque une routine désormais. Mais depuis quelque temps, vous sentez que le terrain décroche…

Face à une telle situation, les experts en conduite du changement et risques psycho-sociaux vous conseilleront d’engager une démarche d’ « écoute » et de « dialogue » avec des salariés. Afin de leur permettre de reprendre le fil en les rendant « acteurs du changement ». Seulement tout cela, vous savez qu’il faut le faire. Vous l’avez même déjà fait. Sans résultat. Alors qu’est-ce qui ne va pas ?

Tentative d’explication. Ce qui est déterminant dans le succès de toute démarche destinée à « donner la parole au terrain » n’est pas la façon dont le terrain s’en empare… mais la façon dont les dirigeants le font ! De nombreuses entreprises ratent leurs démarches participatives, parfois sans même s’en rendre compte, pour n’avoir pas su ou pu l’anticiper.

Sondez les participants à l’issue d’un « atelier créatif » ou autre « groupe de proposition ». La plupart en sortent contents mais dubitatifs. Et cela n’a rien à avoir avec le contenu de l’animation. Au contraire, celui-ci est en général apprécié. Les méthodes participatives sont aujourd’hui parfaitement rodées et techniquement maitrisées par les consultants ou animateurs internes.

Alors ?

Pour commencer, les participants ne sont pas totalement sûrs de ce qu’on attend d’eux dans la réunion d’expression. L’explication aura probablement été rapide, réalisée dans l’urgence par des responsables hiérarchiques eux-mêmes courant après le temps. Ensuite, la réunion ayant eu lieu, les salariés s’interrogent sur la capacité de leurs dirigeants à traiter tant d’informations en provenance du terrain. Comment ces derniers le pourraient-il, alors qu’ils n’auront probablement qu’une ou deux heures (au grand maximum) à consacrer en comité de direction pour assimiler ces informations et décider du feed-back à donner au terrain. Or, ce qui compte pour les salariés est certes de s’exprimer, mais aussi et surtout d’être au fait de ce que leurs dirigeants feront de leurs propositions.

C’est ainsi sur la qualité de cette interaction entre les dirigeants et le terrain que se joue le résultat des démarches participatives. Sur l’avant et l’après les moments de prise de parole du terrain. Sur la « traduction » des attentes des dirigeants en une « commande » claire pour le terrain, et, en sens inverse, sur la traduction de l’expression du terrain sous une forme exploitable par les dirigeants.

En tant que consultants, nous sommes de plus en plus souvent sollicités pour aider des dirigeants à trouver ces modes de régulation. Pour réussir, il nous faut être à la fois imaginatifs et pragmatiques. Mais, surtout, comprendre et aimer tout autant travailler avec des dirigeants qu’avec le terrain. C’est comme cela et pour cela que nous pouvons leur être utile. Aux deux.

 
Commentaires

Pas de commentaire pour le moment.

Réagissez

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.

 
© AM+DA 2015 | Mentions légales